Mots qu’elles eurent un jour (Les)

Un film de Raphaël Pillosio

 2024  France  Documentaire  Prise de vue réelle  84 min  N&B et Couleur  Mode de production : Cinéma  VF

 Scénario : Raphaël Pillosio  Image : Matthieu Chatellier, Bijan Anquetil  Son : Simon Gendrot, Philippe Grivel  Montage : Margaux Serre, Cédric Jouan

Producteur :

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Dernière mise à jour : 29 août 2025

1962, à la fin de la Guerre d’Algérie, des militantes de l’indépendance algérienne sortent de la prison de Rennes. Une nuit durant, le cinéaste Yann Le Masson les filme. Elles lui racontent leur vision pour l’avenir de l’Algérie et la place que la femme doit occuper dans la nouvelle société à construire. Cinquante ans plus tard, alors que la bande son a disparu, Raphaël Pillosio pars à la recherche de ces femmes. Deux personnes sourdes s’attellent à lire sur les lèvres des femmes filmées par Yann Le Masson, et nous dévoilent des bribes de phrases, des propos amputés par les revirements de la caméra. Un film-enquête où les quelques militantes encore en vie découvrent leurs anciens témoignages et nous racontent leur histoire silencieuse. Un film-essai sur le cinéma qui figure leur disparition, et pour toujours, les garde vivantes.

Extrait de la note de soutien de la LDH

« Yann Le Masson était un opérateur de talent. Le document retrouvé, filmé en noir et blanc, est d’une grande force : les visages de ces femmes sont graves ; elles regardent parfois la caméra qui est très proche dans ce petit appartement prêté par la Cimade où elles sont serrées les unes contre les autres : elles nous regardent.

Pour redonner une voix à ces visages, Raphaël Pillosio se rend en Algérie, mais cinquante ans plus tard, certaines de ces femmes sont mortes, d’autres ne souhaitent pas réveiller cette période dans leur mémoire. L’une de celles qui acceptent de témoigner, Zohra Drif, devenue avocate, considère que, si les femmes ont été mises de côté à l’indépendance, c’est qu’elles ont fait le choix de créer un foyer et de ne pas continuer à faire de la politique. Les visages des femmes filmées en 1962, montés en contrepoint, contredisent silencieusement cette version.

[…] Une tentative de reconstituer le son avec des interprètes lisant sur les lèvres n’aboutit pas. Restent ces visages silencieux qui nous rappellent avec force ce que ces femmes ont subi en tant qu’Algériennes pendant la guerre, puis en tant que femmes après l’indépendance.»

Entretien avec le réalisateur

« J’étais parti avec une idée assez naïve : je pensais que j’allais rencontrer des femmes assez âgées, qui auraient un rapport à la parole et à cette histoire assez libérée. En fait, ça a été compliqué. Celles que j’ai filmées, c’étaient surtout celles qui étaient encore militantes ou qui s’inscrivaient dans un questionnement politique. Tandis que celles que j’ai rencontrées mais qui n’ont pas voulu être filmées, j’ai l’impression que pour elles, c’était une histoire passée sur laquelle elles n’avaient plus grand chose à dire, ou qu’elles n’avaient pas envie de me les dire, à moi. Et qui semblaient s’être désintéressées de la politique, en tous cas devant moi. J’ai mis un peu de temps à le comprendre. Je ne m’intéressais pas à ce qu’elles avaient accompli pendant la guerre.

Ç’aurait été intéressant et ç’aurait pu être un beau film aussi, mais leur parcours d’ancienne combattante ne m’intéressait pas ici. La matière qui était à la base de ce film - les images de Yann - invitait à se poser des questions sur l’après, après la sortie de prison… C’est quelque chose qui les mettait peut-être plus en danger, en questionnement, il ne s’agit pas d’un endroit où elles peuvent être célébrées comme anciennes combattantes… Le sujet pose la question du rapport avec la société algérienne, avec les hommes, c’est plus sensible.»

Extrait du dossier de presse

Pour découvrir ce film

À télécharger :
Dossier de presse (PDF - 1,1 Mio)
Vidéo à voir en ligne :
Bande-annonce
Plus d’informations sur le film :
La Ligue des droits de l’Homme soutient le film : lire la note de soutien

Le film dans la Base cinéma & société

Chemin d’accès :
« On ne naît pas femme, on le devient ! »
Fil de l’histoire :
Colonisation, décolonisation