Cinéma censuré et liberté d’expression

Redécouvrir des films censurés à une certaine époque, devenus témoins d’un contexte politique et culturel.

Films dans la base

Media Crash : qui a tué le débat public ?

Luc Hermann, Valentine Oberti, 2022

Pression sur les journalistes, intimidation, mainmise des grands patrons sur des journaux, des télévisions, des radios… Media Crash est une piqûre de rappel de l’hyper-concentration des médias en France : neuf milliardaires détiennent plus de 90 % des médias privés en France. En trois actes, Valentine Oberti et Luc Hermann documentent comment ces patrons «  défendent leurs intérêts privés  », avant toute autre considération.

Le Système B. L’information selon Bolloré

Collectif, 2021

Dans ce mini-documentaire pour la liberté de la presse réalisé par l’association Reporters sans Frontières (RSF), onze journalistes témoignent des pratiques douteuses de l’homme d’affaires Vincent Bolloré.

Présumé coupable

Nicolas Thomas, Arnaud Constant, 2021

40 000 : c’est avec ce chiffre que s’ouvre le film produit et réalisé par Amnesty International. Lors des mobilisations des Gilets jaunes, 40.000 personnes ont été abusivement condamnées en France. Le documentaire alerte sur des lois françaises qui sont utilisées comme des armes de répression contre des manifestants.

Antilopes (Les)

Maxime Martinot, 2020

Film expérimental singulier et ironique, ce court métrage construit à partir d’images trouvées explore la prévalence de la surveillance et l’utilisation apparemment universelle des drones dans notre monde.

Procès de Lady Chatterley (Le). Orgasme et luttes des classes dans un jardin anglais

Mathilde Damoisel, 2019

En 1960, la Couronne britannique intente un procès à l’éditeur Penguin pour faire interdire la publication du livre L’Amant de Lady Chatterley, de D. H. Lawrence, relatant sans fard les amours charnelles d’une aristocrate et de son garde-chasse. Pendant six jours, procureurs et avocats débattront des qualités littéraires de cette œuvre abordant le sexe sans tabou. Œuvre jusqu’alors mis à l’index en Angleterre, ce documentaire nous fait découvrir l’histoire de ce livre marquant et revivre les moments phares de ce procès historique. Portrait d’une œuvre et d’une époque traversée par de grands bouleversements sociaux.

Material

Thomas Heise, 2019

Un montage de rushes et de scènes inédites des précédents films réalisés par Thomas Heise en RDA, sur une vingtaine d’années. Quasi sans commentaire, ces “restes” puissamment architecturés apparaissent comme autant de témoignages décisifs pour comprendre l’Allemagne actuelle. Le matériau du montage donne à penser la matière même de l’Histoire.

Médias, le monde et moi (Les)

Flo Laval, Anne-Sophie Novel, 2018

Ce documentaire propose une introspection aussi bien individuelle que collective sur notre rapport au monde et à l’information. C’est un «  Moi  » universel, qui fait le récit du vécu de sa protagoniste (journaliste de profession) tout autant qu’il interroge le rapport que chacun peut entretenir avec l’information qu’il reçoit, et sa quête de sens dans un monde complexe…

Free speech. Parler sans peur

Tarquin Ramsay, 2018

L’Homme peut-il vraiment être libre sans une totale liberté d’expression  ? Est-elle l’oxygène de notre société  ? Le film va au cœur de ce qu’est réellement la liberté d’expression et de son impact sur notre quotidien. Différentes personnalités (acteurs, activistes) évoquent les enjeux et l’importance de ce droit fondamental fortement remis en question aujourd’hui, notamment en Occident.

Le Procès : l’État de Russie contre Oleg Sentsov

Askold Kurov, 2017

Dans ce documentaire, Askold Kurov enquête sur les dessous du procès d’Oleg Sentsov, un cinéaste et militant ukrainien qui s’est activement opposé à l’occupation russe de la Crimée. L’enquête de Kurov, menée tout au long de 2015, révèle progressivement une histoire kafkaïenne absurde et effrayante sur la façon dont quiconque peut devenir une victime d’une machine d’État impitoyable.

Soliloque des muets (Le)

Stéphane Roland, 2017

En Indonésie, les anciens prisonniers politiques du Nouvel Ordre de Suharto sont muselés depuis 50 ans par un système d’oppression toujours actif malgré la démocratie. A travers un tribunal populaire symbolique organisé à La Haye, ainsi qu’un voyage dans l’archipel à leur rencontre, les victimes du régime s’expriment enfin sur leur terrible vécu. C’est alors l’un des plus importants crimes contre l’humanité du XXème siècle qui se dévoile.

Taxi Teheran

Jafar Panahi, 2015

Depuis 2010, Jafar Panahi n’a plus le droit de réaliser des films, ni de quitter l’Iran. Le cinéaste contourne la censure dans ce film. Grimé en chauffeur de taxi, Jafar Panahi reçoit derrière le volant une galerie de personnages laissant voir par bribes les grandes problématiques de la société iranienne aujourd’hui, tout en permettant au réalisateur de faire une nouvelle fois un pied de nez au régime iranien.

Edward Snowden, nom de code : Citizenfour

Laura Poitras, 2015

En 2013, Edward Snowden révèle des documents secret-défense en provenance de la NSA, déclenchant l’un des plus grands séismes politiques aux États-Unis. Sous le nom le code «  Citizenfour  », il contacte la documentariste américaine Laura Poitras, qui part le rejoindre à Hong Kong et réalise en temps réel ce documentaire historique unique et un portrait intime d’Edward Snowden.

Ma chambre syrienne

Hazem Alhamwi, 2014

Pendant 10 ans l’artiste et vidéaste syrien Hazem Alhamwi a filmé dans le plus grand secret le quotidien et la vie culturelle de ses compatriotes. Il s’est entretenu avec des compagnons de route et des proches, des artistes et des créateurs comme lui, dont beaucoup ont passé des années en prison et s’expriment librement devant la caméra, dévoilant les horreurs du système.

Edward Snowden, ennemi d’État

John Goetz, Heilbuth Poul-Erik, 2014

Juin 2013, la Maison Blanche donne l’ordre de retrouver Edward Snowden qui a révélé les détails des programmes de surveillance de masse américains. Une offensive diplomatique sans précédent est lancée pour capturer le «  traître  » à Hong Kong. Mais, 50 jours plus tard, c’est en homme libre que Snowden sort de l’aéroport de Moscou et Washington doit s’avouer vaincu. Les manœuvres et pressions du gouvernement américain et les épisodes rocambolesques de cette chasse à l’homme sont racontés par son principal acteur.

Gardiens du nouveau monde (Les)

Flo Laval, 2013

Un documentaire sur les hacktivistes, ces hackers qui ont fait le choix de l’engagement politique aux côtés des ONG et des cyberdissidents.

Syrie, journaux intimes de la révolution

Carine Lefebvre-Quennell, Caroline Donati, 2013

Des syriens filment leurs vies bouleversées et nous parlent. L’exaltation des débuts, l’espoir, les destructions, la mort, l’indifférence du monde. La folie meurtrière du régime d’un côté, les radicaux fanatiques de l’autre. Aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer l’horreur à laquelle ils sont aujourd’hui confrontés. Depuis 2012, ce webdocumentaire les accompagne dans leur combat pour la démocratie.

A Cinema of Discontent

Jamsheed Akrami, 2013

Ce documentaire explore les codes de la censure à travers des dizaines films et des interviews avec 12 réalisateurs iraniens dont Jafar Panahi, Bahman Ghobadi, ou Asghar Farhadi.

Big Boys Gone Bananas!*

Fredrik Gertten, 2011

Jusqu’où peut aller une grande entreprise pour protéger son image de marque  ? Le réalisateur suédois Fredrik Gertten en a récemment fait l’expérience. Son précédent film, Bananas !*, fait le récit du procès intenté par 12 travailleurs de plantations de bananes au Nicaragua contre le géant fruitier Dole Food Company.

Ceci n’est pas un film

Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb, 2011

Depuis des mois, Jafar Panahi attend le verdict de la cour d’appel. À travers la représentation d’une journée dans la vie de Jafar Panahi, Jafar et un autre cinéaste iranien, Mojtaba Mirtahmasb, nous proposent un aperçu de la situation actuelle du cinéma iranien.

Octobre à Paris

Jacques Panijel, 2011

Documentaire retraçant la préparation, l’organisation et les conséquences de la manifestation parisienne du 17 octobre 1961.

Algérie, images d’un combat

Jérôme Laffont, 2009

Comme tous les conflits modernes, la guerre d’Algérie a posé des enjeux en termes de représentation par l’image. Face à l’abondance de films tournés par l’armée française, et en réaction à leur discours, quelques cinéastes dont René Vautier se sont engagés aux côtés des combattants algériens pour garder trace de leur lutte.

Voyage dans la mémoire

Hala Mohammad, 2006

2006, avant la révolution syrienne. Trois amis, des prisonniers d’opinion, ont croupi pendant des années dans la prison de Palmyre. Pour la première fois depuis leur libération, ils reviennent vers cette prison où ils ont tant souffert…

Grand jeu (Le)

Malek Bensmail, 2005

“Algérie, 2004 : Ali Benflis, ancien Premier ministre et secrétaire général du FLN, déterminé et sûr de lui, se lance dans la campagne présidentielle. Parmi les 5 candidats de l’opposition, il est le challenger du président sortant Abdelaziz Bouteflika. Sur fond de division au sein du FLN et d’hésitations de la hiérarchie militaire entre les deux candidats, Ali Benflis et son équipe de campagne tentent de re-mobiliser une population qui s’est massivement détournée de la scène électorale, épuisée par le chaos social.” Le système algérien autorise-t-il vraiment le changement  ?

Algérie, d’autres regards

Raphaël Pillosio, 2004

Durant la guerre d’Algérie, de jeunes cinéastes français ont réalisé des documentaires qui dénonçaient la nature du conflit mené par leur pays. Depuis, ces films militants n’ont pratiquement jamais été vus. Dans «  Algérie, d’autres regards  », René Vautier, Pierre Clément, Olga Poliakoff et Yann Le Masson reviennent sur les conditions de leur engagement, les méthodes de production et de diffusion de ces œuvres oubliées aujourd’hui.

René Vautier, cinéaste franc-tireur

Sabrina Malek, Arnaud Soulier, 2002

Le film part à la rencontre du cinéaste René Vautier. À 72 ans, longtemps censuré, il reste encore aujourd’hui peu connu du grand public. Pourtant, son parcours atypique a fait de lui un symbole du cinéma engagé.

René Vautier l’indomptable

Jacques Royer, 1996

Une mise en scène particulièrement ironique, à l’image du réalisateur indomptable que l’humour au vitriol n’a jamais effrayé.

Chomsky, les médias et les illusions nécessaires

Peter Wintonick, Mark Achbar, 1992

Noam Chomsky, linguiste, philosophe et militant de renom, examine le pouvoir de l’information et les forces qui, dans la société, s’exercent sur sa formulation et sa propagation. Ses commentaires sont entrecoupés de documents d’archives, d’interviews, de conférences retraçant sa trajectoire, ses travaux en linguistique et de débats avec des personnalités directement impliquées dans le système d’information.

1974, une partie de campagne

Raymond Depardon, 1974

Ce document d’archive retrace la campagne du candidat Valéry Giscard d’Estaing aux élections présidentielles de 1974. Une fois élu président de la République, celui-ci s’opposera à la diffusion du film jusqu’2002…

Eux et nous

René Vautier, 1970

Montage de 3 courts métrages de René Vautier : « Les Ajoncs », « Les Trois cousins » et « Techniquement si simple »

On vous parle d’Amérique Latine : Le message du Che

Paul Bourron, 1968

C’était en 1967. Fidel Castro lit à la tribune de la Tricontinentale un message de Che Guevara qui fait sensation aussi bien auprès des mouvements révolutionnaires, qu’auprès de ceux qui s’y opposent. Ce film a été interdit totalement à l’exportation par le Centre du Cinéma Français en 1968.

Premier mai à Saint Nazaire (Le) (Cinq colonnes à la une)

Marcel Trillat, Hubert Knapp, 1967

Pendant deux mois, les chantiers de l’Atlantique ont poursuivi une grève grâce au soutien sans faille des commerçants et paysans. Ce 1er mai, tous les syndicats appellent au rassemblement pour la victoire. Une production ORTF censurée.

Algérie, année zéro

Marceline Loridan, Jean-Pierre Sergent, 1962

Documentaire sur les débuts de l’indépendance algérienne filmé au cours de l’été 1962 à Alger. Le film fut interdit en France et en Algérie mais obtint le Grand prix du festival international de Leipzig en 1965. Par amitié, la société de production Images de France, leur envoya un opérateur : Bruno Muel.

Afrique 50

René Vautier, 1950

Premier film anticolonialiste de l’hexagone, interdit puis récemment primé par le ministère des Affaires étrangères, cet efficace pamphlet contre le colonialisme en Afrique noire valut à son auteur treize inculpations et une condamnation à un an de prison.

Citizen Kane

Orson Welles, 1941

A la mort du milliardaire Charles Foster Kane, un grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu’il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire.